Système Nerveux Central

Les malformations congénitales du système nerveux central (SNC) regroupent l’ensemble des anomalies du développement du SNC :

ANOMALIES DE FERMETURE DU TUBE NEURAL (AFTN) ou Neural Tube Defect (NTD)

Ce sont les malformations les plus fréquentes du système nerveux central.

Définition

Le Système Nerveux Central se constitue à partir des cellules de la plaque neurale qui vont s’enrouler sur elles-mêmes pour former un tube. Progressivement, la fusion de ces cellules va atteindre l’extrémité céphalique (le cerveau) vers le 24ème jour après la conception et l’extrémité caudale (la base de la colonne vertébrale), vers le 26ème jour. Lorsque l’une ou l’autre de ces extrémités ne se ferme pas, ou lorsque la totalité du tube neural ne se ferme pas, on parle d’Anomalie de Fermeture du Tube Neural (AFTN).

Étiologie

Dans la majorité des cas, la cause des AFTN est inconnue, mais certains facteurs génétiques et environnementaux pourraient augmenter leurs risques d’apparition au cours du développement de l’embryon. Les facteurs de risque suivants ont été décrits :

  • Exposition médicamenteuse durant la grossesse avec la prise de valproate de sodium (Dépakine®, Dépamide®, Dépakote®) ou de carmabazépine (Tégrétol®), principalement utilisés dans le traitement des épilepsies ;
  • Certaines caractéristiques physiopathologiques telles que :
    • diabète maternel non traité
    • hyperthermie maternelle (au début de la grossesse)
    • obésité maternelle [1]
  • Âge maternel (< 20 ans et >40 ans)
  • Génétique: le risque de récurrence se situe aux alentours de 3% après la naissance d’un enfant atteint et entre 3 et 10% après 2 enfants atteints. Ce risque est accru lors d’une grossesse gémellaire si au moins un des jumeaux est porteur d’une AFTN
  • Carence en folates avant et au début de la grossesse pouvant être liée à :
    • une carence nutritionnelle (alimentation pauvre en vitamine B9)
    • un trouble du métabolisme (auto-anticorps dirigés contre les folates)[2]
    • une combinaison génétique défavorable (avec le génotype 677TT de la tétrahydrofolate méthyl réductase)[3]

Circonstances de découverte prénatale des AFTN

  • L’échographie permet de mettre en évidence les AFTN du pôle céphalique dès la 12ème semaine d’aménorrhée.
  • Une élévation de l’alpha foetoprotéine (AFP) dans le sang maternel, découverte sur le tri-test proposé à toutes les femmes enceintes doit inciter à rechercher une AFTN (échographie ciblée précoce). Les signes précoces de spina bifida peuvent être visibles dès 15-16ème semaines d’aménorrhée. Pour plus d’information,  consultez la répartition du diagnostic anténatal (DAN) des cas de Spina Bifida par année de naissance dans les départements de surveillance de Remera.
  • Les femmes ayant des antécédents d’AFTN peuvent bénéficier d’un dosage de l’AFP et de l’acétylcholinestérase dans le liquide amniotique (amniocentèse).

Prévention primaire

Si la survenue de ces malformations est d’origine multifactorielle (facteurs génétiques, environnementaux…), il est cependant établi par de nombreuses études qu’elle est corrélée à des apports faibles en acide folique (appelé aussi vitamine B9 ou « folates » du fait de la présence de cette vitamine dans les légumes à « feuilles »). L’effet protecteur d’une supplémentation en acide folique des femmes avant même le début de la grossesse et au cours de ses 3 premiers mois a été démontré. Cette prévention n’est pas totale car des facteurs génétiques et environnementaux interviennent également dans la survenue de ce type de malformations.

Pour une femme désirant débuter une grossesse, en plus d’une alimentation riche en légumes, la prise recommandée est de 0,4 mg d’acide folique par jour. Pour les femmes à risque élevé (fœtus atteint lors d’une précédente grossesse), la prise recommandée est de 5 mg par jour. [4]

La supplémentation en acide folique, quelle que soit sa posologie, est inefficace pour les femmes traitées avec des anticonvulsivants (pour épilepsie ou troubles bipolaires).[5, 6, 7]

 

Le spectre des défauts de fermeture du tube neural comprend :

♦  Exencéphalie / Anencéphalie

Définition : L’exencéphalie (littéralement, encéphale hors de la boite crânienne) est souvent considérée comme l’équivalent de l’anencéphalie, à un degré moindre (absence partielle de la voûte crânienne), ou à un stade évolutif antérieur (nécrose moins avancée du tissu cérébral). Contrairement à l’anencéphalie (le cerveau est absent ou réduit à une masse de taille réduite), le tissu cérébral est présent initialement, ainsi que la voûte crânienne, partiellement.

Source photographique: Surveillance des anomalies congénitales. Atlas de certaines anomalies congénitales, OMS CDC ICBDSR
Source photographique: Surveillance des anomalies congénitales. Atlas de certaines anomalies congénitales, OMS CDC ICBDSR

 

Conséquences : Ces malformations sont rapidement létales (mort-né ou décès néonatal).

Prévalence : En 2015, la prévalence des anencéphalies et exencéphalies dans la région surveillée par Remera a concerné 4,2 cas sur 10 000 naissances.

Répartition des prévalences des anencéphalie de 2006 à 2015 dans les départements suivis par Remera
Répartition des prévalences des anencéphalie de 2006 à 2015 dans les départements suivis par Remera

 

♦ Méningocèle/méningo-encéphalocèle

Définition : La méningocèle est caractérisée par un défaut localisé d’ossification de la voûte crânienne provoquant une hernie des méninges et de liquide céphalo-rachidien, ainsi que de tissu cérébral si l’ouverture est plus large (méningo-encéphalocèle). En cas de méningocèle de petite taille, l’encéphale ne présente pas de modifications notables. En cas de méningo-encéphalocèle, le volume de tissu cérébral hernié est très variable. [8]

Source photographique: Surveillance des anomalies congénitales. Atlas de certaines anomalies congénitales, OMS CDC ICBDSR
Source photographique: Surveillance des anomalies congénitales. Atlas de certaines anomalies congénitales, OMS CDC ICBDSR

Traitement : Le traitement des méningocèles, lorsqu’il peut être proposé, est chirurgical. Il consiste à réintégrer le contenu de la hernie et fermer la brèche méningée.

Évolution et pronostic : L’intervention chirurgicale ne modifie pas les séquelles neurologiques déjà présentes comme la mobilité des jambes par exemple. Le pronostic neurologique d’une méningo-encéphalocèle dépend de son contenu (avec ou sans tissu cérébral), de sa taille, de sa localisation, ainsi que des malformations associées.

Prévalence :  En 2014, la prévalence de méningocèle/méningo-encéphalocèle dans la région surveillée par Remera a été estimée à 2,03 sur 10 000 naissances.

Répartition des prévalences de méningocèle de 2010 à 2014 dans les départements suivis par Remer
Répartition des prévalences de méningocèle de 2010 à 2014 dans les départements suivis par Remera

 

♦ Spina bifida

Définition : Le Spina Bifida ou dysraphisme spinal est une malformation liée à un défaut de fermeture du tube neural durant la vie embryonnaire. On distingue : le spina bifida ouvert (le plus fréquent) et fermé. Le Spina Bifida ouvert désigne une ouverture dorsale des vertèbres associée à une atteinte plus ou moins prononcée de la moelle épinière. Les conséquences de ce trouble sont une paraplégie, une hydrocéphalie, une incontinence urinaire et anorectale (d’intensité variable selon le niveau de la lésion).

Source photographique: Surveillance des anomalies congénitales. Atlas de certaines anomalies congénitales, OMS CDC ICBDSR
Source photographique: Surveillance des anomalies congénitales. Atlas de certaines anomalies congénitales, OMS CDC ICBDSR

Traitement : En période néonatale, la neurochirurgie est palliative : elle vise à refermer le plan cutané et une dérivation ventriculopéritonéale est posée s’il existe une hydrocéphalie.

Conséquences : Le spina bifida peut entrainer un plurihandicap, associant à des degrés divers des déficiences neurologiques, motrices, sensitives, cognitives, vésico-sphinctériennes ou anorectales. Les patients atteints sont suivis dès la naissance en Médecine Physique et de Réadaptation (MPR). La prise en charge est personnalisée en fonction des handicaps du patient.

  • En cas de spina bifida lombaire bas ou sacré haut, la déambulation avec des attelles est systématiquement proposée.
  • En cas de complications urologiques, les sondages vésicaux intermittents sont débutés chez le nourrisson.
  • Tout au long de la vie, les patients suivent les séances de kinésithérapie tout en prenant en compte les modifications de la déambulation et de l’appareil locomoteur. [9]

Prévalence : En 2015, la prévalence de spina bifida dans la région surveillée par Remera a été estimée à 8,2 sur 10 000 naissances.

Comparaison des prévalences de Spina Bifida de 2006 à 2015 dans les départements suivis par Remera
Comparaison des prévalences de Spina Bifida de 2006 à 2015 dans les départements suivis par Remera

Pour plus d’information, consultez la répartition des cas de spina bifida par année de naissance dans les départements de surveillance de Remera.

♦ Malformation d’Arnold-Chiari

Définition : En 1894 Arnold a décrit cette malformation et en 1895, Chiari en a défini 4 types. La malformation d’Arnold-Chiari est marquée par une anomalie de la position de la jonction bulbo-médullaire et du cervelet. C’est la position de cette jonction et les anomalies associées qui déterminent le type de malformation. Les types I et II concernent l’enfant.

Le type I comporte une malposition du cervelet, d’autres malformations ou pathologies pouvant être associées. Cette malformation peut rester asymptomatique ou entraîner des céphalées et douleurs cervicales à l’adolescence et à l’âge adulte.

Le type II est associé aux anomalies de fermeture du tube neural spinales. La malformation touche la fosse cérébrale postérieure, le cervelet et le bulbe. Dans 95% des cas, elle est associée à une myéloméningocèle sacrée. Des anomalies secondaires peuvent être observées. Une hydrocéphalie se développe dans près de 80 % des cas. Une scoliose est présente dans plus de la moitié des cas. Les symptômes, présents dès la naissance, sont représentés  essentiellement par des troubles respiratoires associés à des troubles de la succion et de la déglutition.

Traitement : Chez les patients qui ne présentent pas de symptômes, l’intervention chirurgicale n’est pas obligatoire, mais ils font l’objet d’une surveillance stricte. Une opération est systématiquement proposée en présence de symptômes (céphalées, scoliose..). Les patients présentant les symptômes mais qui sont stables pendant des années doivent être suivis et opérés seulement en cas d’apparition de signes de détérioration.

L’opération consiste à enlever une partie osseuse du cervelet qui était comprimée. La prise en charge des patients fait appel à plusieurs spécialités : neuro-chirurgicales, orthopédiques, urologiques.

Prévalence : En 2014, la prévalence de la malformation d’Arnold-Chiari dans la région surveillée par Remera a été estimée à 3,89 sur 10 000 naissances.

Répartition des prévalences de la malformation d'Arnold-Chiari de 2010 à 2014 dans les départements suivis par Remera
Répartition des prévalences de la malformation d’Arnold-Chiari de 2010 à 2014 dans les départements suivis par Remera

♦ Rachischisis crânio-spinal

Définition : C’est la forme la plus sévère d’Anomalie de Fermeture du Tube Neural étendue à la totalité du tube neural. Elle associe une anencéphalie (absence de la voûte crânienne, du cerveau et du tronc cérébral) et un rachischisis étendu (fissure étendue de la colonne vertébrale résultant d’un défaut de la fermeture de plusieurs vertèbres).

Source photographique: Surveillance des anomalies congénitales. Atlas de certaines anomalies congénitales, OMS CDC ICBDSR
Source photographique: Surveillance des anomalies congénitales. Atlas de certaines anomalies congénitales, OMS CDC ICBDSR

Conséquences : Cette malformation est rapidement létale (mort-né ou décès néonatal).

Prévalence :  En 2014, la prévalence de rachischisis crânio-spinal dans la région surveillée par Remera a été estimée à 0,34 sur 10 000 naissances.

Répartition des prévalences de rachischisis crânio-spinal de 2010 à 2014 dans les départements suivis par Remera
Répartition des prévalences de rachischisis crânio-spinal de 2010 à 2014 dans les départements suivis par Remera

HYDROCÉPHALIE

Définition

Le liquide céphalo-rachidien (LCR) se forme par les plexus choroïdes dans les ventricules latéraux, puis en traversant le 3ème et le 4ème ventricule, rejoint les espaces sous-arachnoïdiens, où il est résorbé.

L’hydrocéphalie est caractérisée par une accumulation liquidienne intracrânienne et se constitue lors d’une perturbation de l’un des trois mécanismes de formation du liquide céphalo-rachidien (formation, circulation et absorption) :

  • Production d’une quantité excessive de LCR
  • Résistance à l’écoulement de LCR
  • Diminution de la capacité d’absorption du LCR par les vaisseaux sanguins

Le liquide s’accumule ainsi soit dans les ventricules (hydrocéphalie interne, la plus fréquente), soit entre les os du crâne et les méninges, soit entre la dure-mère et l’arachnoïde (hydrocéphalie externe). Elle peut être congénitale ou acquise (non traitée ici). [10]

Étiologie

L’étiologie exacte de l’hydrocéphalie demeure incertaine. Elle peut être d’origine malformative, infectieuse ou vasculaire.

Les causes d’origine malformative :

  • Sténoses malformatives de l’aqueduc de Sylvius : elles sont responsables d’environ 10% des hydrocéphalies du nourrisson. Leur prévalence serait de 0,5 à 1 cas pour 1000 naissances avec un risque de récurrence dans la fratrie de 1 à 4% selon les études. Il s’agit de sténoses non tumorales. La sténose de l’aqueduc est le plus souvent sporadique, pouvant être associée à d’autres malformations (malformation Arnold-Chiari, encéphalocèle occipitale…).
  • Malformation de Dandy Walker (1,5% des hydrocéphalies du nourrisson) : elle est à l’origine d’une hydrocéphalie par augmentation de résistance à la sortie du LCR du 4ème
  • Malformation d’Arnold-Chiari : elle est à l’origine d’une hydrocéphalie par augmentation de la résistance à l’écoulement du LCR au niveau de la fosse postérieure.
  • Agénésie des trous de Monro ou des sites de résorption du LCR
  • Syndromes polymalformatifs complexes sans anomalie chromosomique (syndrome de Meckel, syndrome Vactrel…)

Les causes d’origine infectieuse :

  • Toxoplasmose congénitale
  • Infection à cytomégalovirus

Les autres causes (vasculaire, génétique) :

  • Hémorragies intra-crâniennes, dues à la prématurité, au traumatisme, à la rupture de malformation vasculaire…, sont responsables de 15% des hydrocéphalies du nourrisson.
  • Hydrocéphalies génétiques ou familiales (syndrome de Bickers Adams dont la transmission est récessive liée à l’X).
  • Hydrocéphalie présente lors d’aberrations chromosomiques majeures (trisomies 8, 9, 13, 18, 21) ou mineurs (duplication 1q25-qter).

Circonstances de découverte

  • Le diagnostic anténatal peut être réalisé à l’aide de l’échographie vers les 18-20ème semaines d’aménorrhée. Une dilatation des ventricules à deux examens successifs doit faire poursuivre les investigations à la recherche d’une malformation.
  • Le diagnostic peut être porté à la naissance et au cours du premier mois de vie devant l’augmentation rapide du périmètre crânien. Des troubles neurologiques sont souvent associés. La tomodensitométrie et l’IRM confirment alors l’hydrocéphalie et précisent son type.

Prévention primaire

Les causes d’origine infectieuse, notamment en cas de non immunisation à la toxoplasmose, peuvent être prévenues en adoptant les mesures d’hygiène préconisées.

Traitement

Le traitement de l’hydrocéphalie est principalement chirurgical. Dans la plupart des cas, une  dérivation ventriculaire est réalisée avec la pose d’une valve. Celle-ci aide le LCR à s’écouler dans la bonne direction.

On peut également réaliser une ventriculostomie. Cette intervention consiste à faire une ouverture au bas d’un ventricule ou entre les ventricules pour permettre au LCR de quitter le cerveau.

Évolution et pronostic

L’enfant porteur d’une dérivation ventriculaire fait l’objet d’une surveillance stricte (tous les mois au cours des 6 premiers mois, puis tous les ans). Le taux global des complications des dérivations ventriculaires est d’environ 20 %.

Un enfant atteint d’une hydrocéphalie isolée et dérivée rapidement aura un développement psychomoteur semblable à celui qu’il aurait dû avoir sans hydrocéphalie.

Prévalence 

En 2014, la prévalence de l’hydrocéphalie dans la région surveillée par Remera a été estimée à 9,82 sur 10 000 naissances.

Répartition des prévalences de l'hydrocéphalie de 2010 à 2014 dans les départements suivis par Remera
Répartition des prévalences de l’hydrocéphalie de 2010 à 2014 dans les départements suivis par Remera

 


AGÉNÉSIE DU CORPS CALLEUX

Définition

L’agénésie du corps calleux est aussi appelée « dysgénésie du corps calleux » ou « agénésie calleuse ». C’est la plus fréquente des malformations cérébrales. Sa prévalence est difficile à mesurer car de nombreuses agénésies sont asymptomatiques et de ce fait, non diagnostiquées. Une agénésie du corps calleux correspond à une absence totale ou partielle de la principale commissure inter-hémisphérique (zone de jonction entre les deux hémisphères cérébraux). Le corps calleux se développe entre la 10ème et la 25ème semaine de grossesse, sa myélinisation se poursuit jusque bien après la naissance (6 ans).

L’agénésie calleuse peut être asymptomatique, elle peut cependant provoquer un déficit intellectuel, des crises d’épilepsie ou encore des troubles du comportement. [11]

Étiologie

L’absence de corps calleux peut résulter de causes multiples, dont quelques-unes sont citées ci-dessous :

  • Origine génétique liée aux anomalies chromosomiques (monosomie ou trisomie, translocations, délétions, sur les chromosomes 1, 8, 13, 18, 21)
  • Origine toxique (alcool, cocaïne, médicament)
  • Origine métabolique (phénylcétonurie, déficit en pyruvate déhydrogénase, hyperglycémie sans cétose)
  • Origine infectieuse (rubéole, CMV, influenza) [11]

Circonstances de découverte

Le diagnostic prénatal d’agénésie du corps calleux repose sur l’échographie réalisée à la 20ème semaine d’aménorrhée, habituellement complétée par une IRM fœtale vers la 30ème semaine. La découverte de cette dernière induit la recherche d’éventuelles malformations associées, de même que la présence d’anomalie génétique ou chromosomique (trisomie 13 et 18 en particulier).

En période néonatale, l’agénésie calleuse peut être mise en évidence par une échographie transfontanellaire (ETF). Une IRM peut également être réalisée chez les enfants et les adultes en cas de symptômes (retard de l’acquisition de la marche, épilepsie, retard scolaire…).

Prévention primaire

La prévention primaire de l’agénésie du corps calleux est limitée. Elle passe en outre par l’adoption des mesures suivantes :

  • Proscrire le tabac, l’alcool et les produits stupéfiants (des consultations en addictologie sont proposées à toutes les femmes désirant une grossesse ou déjà enceintes)
  • Consulter un médecin avant toute prise de médicaments pendant la grossesse

Traitement

Le traitement de l’agénésie calleuse est palliatif, il peut être envisagé en fonction des symptômes de la personne atteinte.

En cas d’épilepsie, les antiépileptiques sont prescrits. Dans le cas de retard de développement, des difficultés d’apprentissage ou des problèmes de comportement, une prise en charge interdisciplinaire peut permettre de minimiser les conséquences induites.

Conséquences

Les conséquences de la malformation sur la qualité de vie des personnes atteintes dépendent de la gravité des manifestations. De nombreux enfants peuvent suivre une scolarité normale ou presque, souvent avec un léger retard dû aux acquisitions tardives ou à une lenteur d’apprentissage.

Dans les cas de déficit intellectuel sévère, une prise en charge par des établissements ou des classes spécialisées peut s’avérer nécessaire afin de compenser le retard scolaire.

Prévalence

En 2014, la prévalence de l’agénésie du corps calleux dans la région surveillée par Remera a été estimée à 7,78 sur 10 000 naissances.

Répartition des prévalences de l'agénésie du corps calleux de 2010 à 2014 dans les départements suivis par Remera
Répartition des prévalences de l’agénésie du corps calleux de 2010 à 2014 dans les départements suivis par Remera

Notes et Références:

[1] Anderson JL, Waller DK, Canfield MA, Shaw GM, Watkins ML, Werler MM. Maternal obesity, gestational diabetes, and central nervous system birth defects. Epidemiology. 2005 Jan ; 16(1) : 87 – 92.

[2] Rothenberg SP, da Costa MP, Sequeira JM, Cracco J, Roberts JL, Weedon J, Quadros EV. Autoantibodies against folate receptors in women with a pregnancy complicated by a neural-tube defect. N Engl J Med. 2004 Jan 8;350(2):134-42.

[3]van der Linden IJ, den Heijer M, Afman LA, Gellekink H, Vermeulen SH, Kluijtmans LA, Blom HJ. The methionine synthase reductase 66A>G polymorphism is a maternal risk factor for spina bifida. J Mol Med (Berl). 2006 Dec;84(12):1047-54. Epub 2006 Oct 6.

 [4] Haute autorité de santé (HAS). Projet de grossesse: informations, messages de prévention, examens à proposer. Paris : HAS, 2009

[5] Jentink J, Bakker MK, Nijenhuis CM, Wilffert B, de Jong-van den Berg LT. Does folic acid use decrease the risk for spina bifida after in utero exposure to valproic acid? Pharmacoepidemiol Drug Saf. 2010 Aug;19(8):803-7. doi: 10.1002/pds.1975.

[6] Tomson T, Battino D, Perucca E. Major birth defects after exposure to newer-generation antiepileptic drugs. JAMA. 2011;306(8):826-827. doi:10.1001/jama.2011.1185.

[7] Candito M, Naimi M, Boisson C, Rudigoz JC, Gaucherand P, Guéant JL, Luton D, Van Obberghen E. Plasma vitamin values and antiepileptic therapy: case reports of pregnancy outcomes affected by a neural tube defect. Birth Defects Res A Clin Mol Teratol. 2007 Jan;79(1):62-4.

[10] Kahle KT, Kulkarni AV, Limbrick DD Jr, Warf BC. Hydrocephalus in children. Lancet. 2016 Feb 20;387(10020):788-99. doi: 10.1016/S0140-6736(15)60694-8. Epub 2015 Aug 6. Review.

[11] Encyclopédie Orphanet Grand Public. L’agénésie isolée du corps calleux. Décembre 2007

 

Page modifiée le 07 juillet 2017.

 

 

 

 

Registre des Malformations en Rhône-Alpes